Les trois constitutions

Avec ce premier mai commence une longue série de jours fériés encadrant des week-ends provoquant de multiples ponts, voire aqueducs. Voila qui va encore réveiller nos libéraux infatigables qui, lieux communs à l’appui, nous expliqueront que, décidément, en France on n’aime pas le travail. Et bien si ! Et nous l’aimons tellement, que nous le fêtons chaque année, tous ensemble, au soleil, un brin de muguet à la boutonnière !

Bon, pour cette fois, pour le tous ensemble, ça n’est pas vraiment cela. L’unité syndicale n’est pas au top de sa forme. Quant au soleil… Reste le muguet, chez soi, pour classer des vieux papiers.

Justement, hier, j’ai retrouvé un texte que je croyais perdu au fil des mes changements de disques durs. Les trois feuilles imprimées étaient glissées dans une pile de journaux, oubliés. Je me souvenais de l’avoir écris en fin d’année 2002. Après le choc du 21 avril, j’avais aussitôt pris contact avec un membre éminent du PS Quimpérois et immédiatement décidé de reprendre ma carte. Passé l’été, nous étions engagés dans une phase de réflexion qui devait aboutir au décevant congrès de Dijon. A l’époque, je soutenais Arnaud Montebourg dans son NPS (Nouveau parti socialiste) et sa volonté de bâtir une VIème république. Je lui avais envoyé mon texte, il m’avait répondu. Je n’ai plus trace de ces mels.

Et voila que je retrouve ce texte dont j’étais assez content à l’époque. Je le relis. Finalement, il n’a pas véritablement vieilli; Près de onze années plus tard, je n’aurais pas grand chose à ajouter ou retrancher : transparence, besoin de probité, mondialisation et choix européen… Tout, ou presque, est resté en l’état durant les deux septennats de Chirac et Sarkozy. Et quand j’entends les cris d’orfraie des parlementaires socialistes devant les projets de loi sur la transparence de la vie politique, je me dis que vraiment, ils n’ont rien compris ! Et ce ne sont pas les histoires de paiement en liquide et de vente de tableaux, pas très claires, d’un Claude Guéant, qui vont me rassurer.

Je vous le livre donc, tel quel, sans la moindre correction. Son titre :

Les trois constitutions

« Depuis le 21 avril, la gauche socialiste tangue, vacille, se cherche, bref comme Paris, est battue par les eaux mais ne sombre pas. Elle ne peut pas sombrer car avec 142 députés, 82 sénateurs, des milliers d’élus locaux elle représente une véritable force politique dans le pays. Elle ne doit pas sombrer car au vue des décisions prises par le gouvernement Raffarin en six mois on est en droit d’être légitimement inquiet pour les années à venir.
En mai on disait de lui qu’il était le faux nez de Juppé. Depuis, tout n’est plus que répression (contre la petite délinquance, contre les incivilités – mettons les gamins en prison et l’ordre règnera dans les lycées et collèges), et volonté de mise en place d’un ordre moral d’un autre temps. Monsieur Raffarin ne serait-il pas plutôt devenu le faux nez du petit Nicolas?
Face à ce constat que font les millions de citoyens qui avaient choisi la gauche plurielle en 1997, que propose le Parti Socialiste? Un congrès au printemps. Et bien, profitons de cette chance pour tirer les leçons d’un échec, imprévisible par sa violence et pour reprendre la fameuse formule « du passé faisons table rase ». rebâtissons les trois bases qui actuellement nous font cruellement défaut au niveau du Parti Socialiste, au niveau de la France et au niveau de l’Europe. Créons trois actes fondateurs que par commodité nous appellerons constitutions.
Tours, Épinay, Dijon
Le Parti ne s’est véritablement construit que dans le creux de la vague, dans la tourmente. 1920, scission de Tours. Imagine-t-on un Front Populaire si socialistes et communistes ne s’étaient, avant de s’unir, fédérés autour de deux axes proches et distincts à la fois. 1972, la gifle de 1965 et les 5% de Gaston Deferre ont fait comprendre que la troisième voie de Monsieur X était une impasse et que face à une SFIO discréditée, même replâtrée par Alain Savary, une nouvelle stratégie de conquête et d’exercice du pouvoir devait se mettre en place . Ce sera l’œuvre de François Mitterrand à Épinay. 1974 la presque victoire (à 425 000 voix près) , 1981 la belle victoire.
Aujourd’hui, où en somme nous? Il semble que le parti, dirigeants mais aussi militants, aient mal analysé les dix dernières années de notre vie politique. 1993, rejet d’une gauche éclaboussée par de sales petites, voire grosses, affaires. Le bébé ne méritait certes pas d’être jeté avec l’eau du bain, mais force est de reconnaître que l’eau était sale. Deux ans plus tard, Lionel Jospin s’incline avec les honneurs à la présidentielle. Il suffira de deux années supplémentaires pour qu’avec la complicité, bien involontaire, d’un Chirac dissolvant l’assemblée il n’intègre Matignon à la tête de la gauche plurielle.
Ce succès nous a fait oublier la profonde méfiance (occultée par la probité légendaire de Lionel Jospin) que les Français gardent vis à vis du monde politique. Les procès qui se succèdent, le comportement scandaleux du Président de la République refusant d’assumer son passé, n’ont pas favorisé un retour en grâce. Le Parti n’est pas blanc non plus : la difficile éviction de Roland Dumas, l’investiture récente d’un Jacques Mellick condamné pour faux et subordination de témoin , ne sont pas du meilleurs effet.
Dijon doit être un congrès refondateur créant de nouveau statuts démocratiques; Il doit être fini le temps ou l’on se gausse du mode électoral des sénateurs alors qu’il est le même que celui que nous appliquons pour désigner nos dirigeants, à due proportion du poids des courants. François Hollande a récemment dit que cette pratique ne devait pas être remise en cause. Il se trompe. Pour être crédible aujourd’hui, pour pouvoir revendiquer d’incarner l’axe majeur de la nouvelle majorité de gauche, nos dirigeants, à tous les niveaux, doivent être probes, (n’avoir jamais été condamné à une peine d’interdiction de ses droits civiques) et représentatifs (élu par l’ensemble des membres de l’assemblée qu’il représente). Il devra en être de même pour la sélection des candidats aux élections. Le folklore des congrès y perdra, le Politique y gagnera.
Ainsi écrirons nous notre première constitution.
La Vl° République
La constitution imaginée par de Gaulle et Debré (le père) est morte. Encore faut-il rédiger son acte de décès afin d’éviter l’application au grés des circonstances d’enfants bâtards plus différents les uns que les autres.
De Gaulle et Mitterrand sont morts. Élaborons une constitution pour homme ordinaire. Un exécutif unique, un législatif bicaméral comprenant une Assemblée Nationale dégageant une majorité (scrutin à dominante majoritaire) et un Sénat représentatif de la variété politique élu au scrutin proportionnel. Ajoutons un pouvoir judiciaire comprenant une magistrature assise et debout indépendante, avec un Garde des sceaux responsable de la politique pénale au travers d’instructions générales aux membres du Parquet. Voilà quelques idées en vrac qui, approfondies, doivent permettre de dégager un texte solide et moderne d’organisation des pouvoirs publics.
Reste le problème de la division du territoire. Il est évident qu’aujourd’hui existe un trop grand nombre de niveaux de décisions: commune, communauté de communes, département, région, État, soit cinq. Pour nous y retrouver un peu, tournons nous en arrière, et rappelons nous la création des département en 1790. Il fallait un territoire muni d’un chef lieu que l’on puisse atteindre aller-retour en une journée de cheval. Voilà une définition qui a passablement vieilli. Et pourtant, nombre d’hommes politiques y sont toujours très attachés (Mitterrand en était un farouche défenseur). Mais le citoyen lui, s’il est de Quimper, se dira, Quimpérois, Breton, Français, mais jamais Finistérien. Ce découpage ne se reconnaît que par un numéro sur une plaque minéralogique…
Cette state supprimée, développons la région, tout d’abord par un découpage respectant plus l’histoire et l’économie, que l’ambition de quelques baronnets locaux. Ainsi, faisons une Bretagne à 5 départements, fusionnons les haute et basse Normandie…Retrouvons peut-être la vielle notion de Pays. C’est alors à ce niveau, et à celui là seul que l’on pourra développer la notion de décentralisation et d’expérimentation. Descendre à un échelon plus bas risquerait de trop favoriser le clientélisme que, malheureusement, ni la droite ni la gauche, n’ont pu éviter dans leur rang.
Ainsi écrirons nous notre deuxième constitution.
Europe An 1
Si notre Vl°république ne comporte plus que quatre niveaux décisionnels, nous ne pouvons oublier l’échelon supérieur l’Europe : imaginée au sortir d’une guerre atroce, à six, puis étendue à dix, à 12, et aujourd’hui à quinze. l’Europe est mal comprise, accusée de bien des maux (parfois à raison mais souvent à tort). En fait, elle recèle en elle deux vices congénitaux : son domaine de compétence quasi exclusif (la Communauté Économique Européenne…) et son absence totale de démocratie dans la désignation de ses organes dirigeants. Il est tout de même paradoxal que l’élément le plus démocratiquement élu (l’assemblée européenne) ne soit pas le plus important dans la prise de décision.
Il aurait sans doute été souhaitable que cette constitution européenne ait été approuvée avant l’élargissement aux pays de l’Europe de l’Est. Le traité de Nice ayant été ratifié par l’ensemble des membres de l’Union, il conviendra de travailler à marche forcée. Robert Badinter a rédigé un projet qui semble intéressant mais pêche sans doute par une organisation trop complexe des pouvoirs publics. Or, pour qu’une décision soif admise par l’individu, plus l’autorité dont elle émane est éloignée, plus, cette autorité doit être facilement identifiable. .
De plus, alors que l’on n’a jamais tant parlé de mondialisation, on constate que les pays membres de l’union européenne «jouent perso» dans nombre de domaines face au gigantisme de l’empire américain. Plutôt que de nier un fait (la mondialisation), il conviendrait que l’Union européenne se dote de règles sociales, policières, judiciaires et diplomatiques, sinon identiques, du moins proches, et en tout état de cause pas antinomiques.
Ainsi écrirons nous notre troisième constitution.
Il y a deux cents ans naissait un auteur qui devint célèbre avec un ouvrage « Les trois Mousquetaires », dont la subtilité voulut que ces mousquetaires fussent quatre. Alors, nos trois constitutions ne pourraient-elles pas être quatre, elles aussi? Nous parlerions alors d’une constitution mondiale qui redonnerait un peu de lustre à l’ONU et à ses résolutions en les faisant appliquer quelque soient les pays concernés. la 242 comme la xxx qui va vraisemblablement autoriser prochainement la guerre contre l’Irak.
Alors, avec nos quatre constitutions nous aurons réconcilié décentralisation et mondialisation.
Joël COATMEUR Adhérant au P S Fédération du Finistère – décembre 2002 »
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Ben oui, j’étais à deux doigts de ne pas y aller

Bon, il faut le reconnaitre, ça n’était pas la foule tout à l’heure à la Bastille pour dénoncer l’homophobie de ces dernières semaines et soutenir le projet de loi pour le mariage pour tous. Pourtant il faisait beau et une large majorité de citoyens sont favorables à l’ouverture de ce nouveau droit pour les homosexuels. Alors, que se passe-t-il ? Allons-nous laisser la rue à l’alliance des conservateurs avec la droite extrême ?

Rassemblement pro Mariage pour tous à la Bastille le 21 avril 2013

C'est toujours un plaisir, quand il fait soleil et que l'on est de gauche, de se retrouver à la Bastille

Il est vrai que nous sommes plus habitués à descendre dans la rue pour lutter contre des projets attentatoires aux libertés, aux droits sociaux… Il y avait foule rappelez-vous sur les pavés de Paris et de Province contre le CPE de Galouzeau ou la réforme des retraites du nain (un ami m’a dit l’autre jour qu’il n’aimait pas quand je disais Nicolas le petit; il a raison, on ne s’attaque pas au physique des gens; mais, dans le cas qui nous occupe c’est différent; Nicolas, l’ami de Johnny l’évadé fiscal, de Tom le scientologue, de Gérard le Tchétchène, de Liliane la mémé aux enveloppes… moralement,  c’est un nain; donc, on peut !). Revenons à notre sujet : il est dans la culture de gauche de défiler dans la rue pour s’opposer au pouvoir de droite, pas pour défendre le pouvoir, fut-il de gauche. J’avoue que tout à l’heure, j’ai été à deux doigts de ne pas y aller.

A propos de doigts, savez-vous qui est la nouvelle défenderesse de la morale et de la famille ? Celle que la droite, extrême ou catholique réactionnaire, a choisit comme héraut pour s’attaquer au mariage pour tous ? Frigide Barjot (sic), qui s’était illustrée en 2006 en produisant ce titre, heureusement peu connu : « Fais-moi l’amour avec deux doigts »

«Fais-moi l’amour avec deux doigts
Avec trois ça ne rentre pas
Avec un seul, ça ne le fait pas »

Reconnaissons la distinction du propos, la richesse des rimes,  mais soyons tout de même un peu surpris que le cardinal André Vingt Trois (soit 21 de plus), ancien président de la Commission épiscopale pour la famille, président de la Conférence des évêques de France n’ai rien trouvé à redire quant au choix de leur porte-parole.

Il ne faut bien sûr pas oublier la mère Boutin, qui, dès que l’on veut ouvrir de nouveaux droits aux homosexuels n’a d’autre défense que des pleurs : en décembre 1998 à l’Assemblée nationale après que Lionel Jospin l’ait remise à sa place ou tout récemment quand, à 69 ans, elle découvre les effets des gaz lacrymogènes.

Et puisque la vulgarité semble vous plaire, peuple de droite, je ne peux résister à la tentation de vous faire un doigt d’honneur !

Le doigt d'honneur

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Jean-François, tu as pensé mettre ta Rolex à l’heure d’été ?

Une semaine qui restera certainement dans les mémoires s’achève. Et, fort heureusement. Ça n’est tout de même pas tout les jours qu’un tout juste ancien ministre de la République est convaincu d’avoir menti : au chef de l’État, au chef du Gouvernement, à ses collègues ministres, à la représentation nationale par une réponse solennelle devant les députés et à l’ensemble de la nation par ces multiples déclaration à la presse écrite et audio-visuelle. Rien que ça ! Et ça n’est tout de même tous les jours qu’un ancien ministre du budget, donc chargé du calcul et du recouvrement des impôts, est fortement soupçonné de fraude fiscale sur une période de plus de 10 ans !

Ce triste sire, qui dans son bureau de Bercy, arborait une affiche de Picsou, n’était en fait qu’un vulgaire Rapetou

Il se croyait Picsou, il n'tait que Rapetou !
Il se croyait Picsou, il n’était que Rapetou !

Voilà qui fait terriblement mauvais effet 11 mois après l’élection d’un président qui avait fait de la République irréprochable un  thème fort de sa campagne.

Jusqu’au bout, devant les affirmations répétées de l’individu, niant avoir détenu un compte à l’étranger, je l’avais cru. Mentir ainsi, cela n’a pas de nom.

Maintenant, il me semble qu’il y a plus grave : que ce monsieur, connaissant son propre passé aux limites, pour le moins, de la légalité fiscale, ait pu accepter de prendre en charge le ministère du budget d’un gouvernement de gauche voulant lutter contre la fraude fiscale !  Mais dans quel monde vivent ces gens (il n’est malheureusement pas le seul) si imbus d’impunité qu’ils puissent tout se permettre ! Et, il parait qu’il souhaite revenir au Parlement dans les jours prochains, grâce (on ne le dit pas… pourquoi ?) à une modification constitutionnelle voulue par Nicolas Sarkozy (auparavant un ancien ministre devait avoir recours à une nouvelle élection). Pour faire virer son indemnité parlementaire à Singapour sans doute.

La gauche est embarrassée, on le serait à moins. Mais la droite, elle n’a aucun complexe. Oubliant bien vite comment du temps de Sarkozy (c’est à dire il y a un an) le pouvoir faisait pression sur la justice pour enterrer les dossiers encombrants : affaire Bettancourt, Woerth, Karachi, financement occulte des campagnes Balladur 1995 ou Sarkozy 2007… N’est-ce pas Monsieur le procureur Philippe Courroye qui veniez régulièrement à l’Élysée, au mieux pour rendre compte, au pire pour prendre les ordres. La droite accuse la gauche d’incompétence pour ne pas avoir su deviner le passé d’un de ses ministres, oubliant qu’elle était plutôt coupable, elle,  de forfaiture.

Incompétence. C’est, en deux jours, le leitmotiv asséné par la droite. François Hollande, Pierre Moscovici auraient du utiliser les services de l’État pour enquêter sur les possibles compte du ministre du budget. Et la presse (il fallait les entendre, Carreyrou hier,  Elkabbach ce matin sur Europe 1…) de reprendre en boucle : si Hollande-Ayraut-Moscovici n’ont pas utilisé les services de l’État (en clair la DCRI et accessoirement la DGFIP) c’est au mieux de l’incompétence, au pire de la complaisance.

Pour leur défense, reconnaissons que certains de nos dirigeants nous avaient habituer à une jolie confusion en utilisant les services de l’État pour tenter de cacher leur petites turpitudes. C’était par exemple Mitterrand montant une cellule d’écoute composée de gendarme pour protéger le secret de sa fille Mazarine. C’est Sarkozy qui demande à la DCRI d’enquêter pour savoir qui fait courir le bruit sur les relations amoureuses de sa Carlita. C’est toujours Sarkozy qui fait espionner les conversations de plusieurs  journalistes coupables d’enquêter sur l’affaire Bettancourt…

Nul ne peut dire que dans l’affaire du compte suisse du ministre du budget, aucune pression n’a été faite sur la justice. De décembre à mars, il y a enquête préalable, ouverture d’une information judiciaire, mise ne examen. Sans jamais une attaque d’un juge, comme le fit la droite lors de la mise en examen de Sarkozy le mois dernier. Non, cette triste affaire a au moins le mérite de nous montrer que, oui, entre la droite et la gauche façon Hollande il y a bien une différence : on ne partage pas les mêmes valeurs sur le sens de l’État de droit !

Et je ne peux terminer ce billet sans avoir une pensée émue, pour le héraut de la droite qui cette semaine n’a cesser de nous clamer son indignation contre les mensonges du ministre du budget, accusant même le président de chef de clan. Qui ?

Jean-François Copé faisant trempette dans la piscine de Ziad Takieddine

Jean-François Copé faisant trempette dans la piscine de Ziad Takieddine. Elle est étanche au moins la Rolex ?

  • Jean-François dont un livre récent nous a montré comment il a truqué son élection à la présidence de l’UMP.
  • Jean-François qui,  juste élu en 2007 député et président du groupe UMP n’a pas hésité, en plus de son mandat de maire de Maux, à se faire appointer par un grand cabinet d’avocats d’affaire, sans nullement craindre les conflits d’intéret.
  • Jean-François qui se fait offrir une montre Rolex par Ziad Takieddine, triplement mis en examen dans l’affaire Karachi
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Votre prénom à vous, c’est François, c’est juste ?

C‘est les cathos qui sont contents cette semaine, ils ont un nouveau pape. Un nouveau pape est appelé Araignée… Non, cette fois, ils l’ont appelé François (enfin, il a décidé de se faire appeler François, Jorge Mario Bergoglio c’était trop compliqué). C’est le premier de la série, François 1er…

« Habemus papam » François apparaît. Il se murmure qu'il a décider de transférer la résidence secondaire de Castel Gondolfo dans la banlieue milanaise : à Marignan

Il a une bonne tête François. Et en plus, en tant qu’archevêque de Buenos Aires, il a montré une proximité certaine avec le petit peuple argentin des bidonvilles. Il a même décider de loger dans un petit appartement plutôt que dans le palais des archevêques. Il préférait également utiliser les transports en commun plutôt que la limousine avec chauffeur. Maintenant, des esprits chagrins nous disent qu’il a connu une certaine proximité avec la dictature argentine. Mais là, je dis « Halte ! » Et la tradition, vous en faites quoi ? On peut être de gauche et rester fidèle à la tradition. Pie XII ne pouvait rien refuser à Hitler, Benoit XIII avait commencé sa carrière avec l’uniforme des jeunesses hitlériennes, François était copain avec des militaires argentins… TRA-DI-TION !

Ne boudons pas notre plaisir. Il m’a fait une bonne impression le François. On verra à l’usage, bien sûr, mais pour une fois qu’un souverain pontife est plus proche des pauvres que des représentants de l’industrie et de la finances, n’allons pas lui chipoter quelques vilaines fréquentations (François M. était bien copain avec Bousquet. Je t’aimais bien François !). Je t’aime déjà François !

Notre François a nous a vite compris le symbole et a immédiatement adressé ses compliments à Pape François.

Toi aussi, François tu as fort à faire avec le peuple de France. Il y a moins d’un an, il ne pensait qu’à se débarrasser du nabot et te propulse à la magistrature suprême. Et depuis, il n’a de cesse de se proclamer « déçus », « en colère », que sais-je encore. Comme si la réforme de notre économie, les solutions apportées à la crise, les réformes de société nécessaires pouvaient être adoptées et porter leurs fruits en quelques mois seulement. Résiste François, suis ton chemin, sans tenir compte des Mélanchonades  qui ne discréditent que leurs auteurs, sans tenir compte de cette soit disant presse de gauche plus prompte à faire des couvertures racoleuses digne de Voici que de soutenir un gouvernement courageux. (L.J. j’ai honte pour toi).  Je t’aime toujours François.

François. Cela est aujourd’hui le prénom à la mode. N’ayant plus d’enfant à baptiser, j’ai tout de même décider de participer à cette François-manie en réservant un billet pour le dernier spectacle mettant en scène François Pignon. Les réservations marchent à fond. Ce sera donc le 18 avril. Je vous raconterai.

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Pour le retour à l’esprit de Munich

Bien scotché dans mes certitudes de soixante-huitard (que d’aucun trouvait même attardé), je pensais être à l’abri de ce mal insidieux que l’on pourrait appeler « Cétaitmieuxavant » également nommé « DemontempsMonsieur ».

Sincèrement, je trouve plus agréable de faire mes courses sur ma tablette, vautré sur mon canapé, puis livré, peinard, à l’heure choisie, que de perdre deux heures dans les travées d’un Mammouth ou d’un Continent pour finir devant une caissière forcément aigrie après huit heures d’un travail aussi répétitif qu’inintéressant. Non, ça n’était pas mieux avant.

De même, je préfère ma charcuterie bien gavée aux conservateurs que les pâtés d’antan qui étaient avariés après seulement un jour passé dans le garde-manger. Entre un très hypothétique cancer de l’intestin et une intoxication alimentaire quasi assurée, j’ai ma préférence. Non, ça n’était pas mieux avant.

Non, ça n’était pas mieux avant, quand les enfants travaillaient à huit ans dans les mines, quand on n’avait que deux semaines de congés payés, quand l’espérance de vie ne dépassait pas 40 ans, quand il fallait plus de 10 heures pour faire un Paris-Brest en troisième classe dans un train en bois… Non, vraiment, ça n’était pas mieux avant.

Et pourtant, ces jours-ci je m’interroge : suis-je devenu un vieux con ? Où alors, tous ces vieux beaufs avaient-il raison ? Non, globalement, ça n’était pas mieux avant, mais tout de même, il y a une ou deux choses, pour lesquelles on constate une dérive pas vraiment satisfaisante.

Prenons la presse. Quand je suivais une formation en école de journalisme (avant hier), il y avait globalement : la grande presse (parisienne), la presse quotidienne régionale (la PQR, j’aime beaucoup cet acronyme), parfois de qualité; la presse spécialisée (leChasseur français et ses fameuses petites annonces, Elle, Lui…), .. la radio-télévision d’État forcément gaullienne puis pompidolienne, puis giscardienne… et puis la presse torchon (Ici-Paris, France dimanche..). Je simplifie, mais c’était tout de même assez clair.

Aujourd’hui, tout se mélange. Pour lutter contre internet, des journaux « sérieux » donnent dans le léger, le people, voir pire. Depuis de nombreuse années, par exemple, la presse news (l’Express, le Nouvel Obs, le Point…) rivalise au fil des numéros avec leur manchette racoleuses, chaque année renouvelée : Spécial francs-maçons, le salaire des cadres, le classement des hôpitaux, Spécial vin, singeant la presse féminine et ses printaniers Spécial beauté et Spécial minceur. Oui, c’était mieux avant quand on allait au kiosque chercher le dernier numéro de l’Express, qui tachait un peu les doigts, pour lire le bloc-notes de François Mauriac ou un peu plus tard le Nouvel Obs pour découvrir la dernière livraison de Jean-Paul Sartre. Oui, messieurs Barbier, Joffrin, FOG, vous n’êtes plus que des marchands de soupe !

Parce que c’est « tendance », que cela dope les ventes, le Nouvel Obs, soit disant de gauche, n’hésite pas à donner joyeusement dans le « Hollande bashing ». À l’automne 1981, tout en gardant un esprit critique,  Jean Daniel soutenait les réformes initiées par François Mitterrand. Il faut dire que le siège de cet hebdo est passé de la rue d’Aboukir à la place de la Bourse. Tout un symbole…

Et maintenant, la scie que toute presse confondue, écrite, parlée, télévisée veut nous fourrer dans le crâne : Sarkozy va-t-il revenir ? Quel est l’intérêt, journalistique, politique, de cette question ? La prochaine élection présidentielle se déroule dans quatre ans et demi. Il peut en couler de l’eau sous les ponts d’ici là. Et bien pourtant, voila le vrai sujet que nos journalistes modernes trouvent indispensable de développer. Le nain de Neuilly avec sa barbe de trois jours ; voilà l’info. La banalisation des thèmes du Front national dans les gestes du peuple et dans les discours des leaders politiques, il ne faut peut-être pas trop insister pour ne pas éloigner un acheteur potentiel. Après tout, cela n’est qu’une histoire de pain au chocolat…

C'est bon le pain au chocolat

C'est bon le pain au chocolat

Oui, quand j’avais à peine plus de vingt ans, on m’a appris dans cette école, le sens de la hiérarchie de l’information et de la déontologie. Où est-t-elle cette déontologie affirmée dans la charte de Munich de 1971 ?

Un signe d’encouragement tout de même : le syndicat national des journalistes (SNJ), réuni cette semaine en congrès à Villeurbanne a appelé à la création d’une instance déontologique des médias. Pour un retour à l’esprit de la charte de Munich en quelque sorte

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Les riches, c’est comme les cons : il y en a des gentils

«Écoutez-moi, vous, les gens riches ! Pleurez, lamentez-vous, car des malheurs vous attendent

Il y va fort François Hollande me direz-vous de stigmatiser ainsi les gens qui, à force du travail d’autrui, ont péniblement réussi à amasser une jolie fortune. Bien sûr, parmi ces riches, il y les les anciens riches et les nouveaux riches. Ah, que n’a-t-on dit des nouveaux riches ! Il y a aussi les riches honnêtes et les riches un peu, beaucoup escrocs. Je ne vous ferais pas l’injure de vous mettre des noms sur le tapie… pardon le tapis : vous les avez tous en tête. Et puis, il y a les riches loyalistes, qui payent tous leurs impôts dans leur pays, et il y a les riches rebelles qui se découvrent un amour subit pour la Belgique ou la Suisse. Curieusement, nombre de ces amoureux de la frite et du chocolat aimaient aussi autrefois se retrouver avec leur ami Nicolas dans un certain restaurant des Champs-Élysées.

Bernard Arnault, ou le B A BA de l'exilé fiscal

Bernard Arnault, ou le B A BA de l'exilé fiscal

Il y a les riches méchants, et les riches gentils. Il y a les riches un peu riches, et les riches très riches. Il y a même, comme maman Liliane, les riches immensément riches. Maman Liliane, à qui le petit Nicolas aimait rendre visite pour chercher, non pas une motte de beurre, car il est au régime, mais quelques coupures pour enrichir sa collection.

François Hollande nous l’avait dit le 8 juin 2006 sur France 2 : «Je n’aime pas les riches, j’en conviens». Top magnéto :

Mais là, comme Maurice (voir en fin de billet), tout de même tu pousses le bouchon un peu loin. Évidemment, le contexte s’y prête. Il y a deux jours, le projet de loi de finances 2013 a été présenté au conseil des ministres : projet de loi annonçant la fin d’un certain nombre de privilèges bénéficiant principalement aux riches (voir le détail ici). Donc, honte à la gauche de s’attaquer ainsi à une catégorie aussi peu nombreuse qu’anormalement ostracisée !

La gauche, la gauche… Mais voilà que me revient cette phrase entendue tout à l’heure lors de la messe de 11 heures en l’église de la Madeleine. En ce 26ème dimanche du temps ordinaire, le prêtre entamait la deuxième lecture, une lettre de saint Jacques :

«Écoutez-moi, vous, les gens riches ! Pleurez, lamentez-vous, car des malheurs vous attendent…» Alors, si Dieu et ses apôtres s’y mettent, il n’est pas certain que Gstaad et Uccle constituent un exil véritablement sûr.

Pour les amoureux de Maurice

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François, tu me fais honte !

En octobre 2009, les militants socialistes on voté la règle obligeant les parlementaires socialistes à quitter tout mandat exécutif local (maire, président de conseil général…) dans les trois mois suivant leur élection. Cette résolution, présentée par Arnaud Montebourg, a été approuvée à 72%, ce qui est une belle majorité. Quand ils se sont portés candidat, les députés socialistes ont par ailleurs signé une lettre s’engageant à démissionner de toutes leurs responsabilités locales dans les trois mois suivant leur élection. Enfin, tous les sondages le montrent, une très grande majorité des Français est contre le cumul des mandats, cette spécificité  si française, qui apparaît totalement iconoclaste dans les autres démocraties occidentales.

Le temps est venu, mais il y a des papys qui font de la résistance, des petits messieurs qui se sentent autorisés à ne pas respecter leur engagement, des politiciens qui préfèrent, comme le disait le général de Gaulle, « cuire leur petite soupe »

Cette réforme est inscrite dans le programme de François Hollande ? Un projet de loi va bientôt (vite, vite !) être déposé en ce sens ? Qu’à cela ne tienne ! Députés-maires ils sont, députés-maires ils souhaitent le rester ! Honte !

Et que l’on ne me traite pas d’anti-parlementariste, de poujadiste. Où, en dehors de certaines dictatures, trouve-t-on pareil cumul ? Comment assumer « normalement » un mandat de maire ou de président de conseil général sans pratiquer, avec assiduité, l’absentéisme parlementaire. Oui, voilà un comportement qui engendre l’anti-parlementarisme. Et que dire des conflits d’intérêts entre un législateur et un élu local ! Qu’est-ce qui prend le dessus : l’intérêt national ou l’intérêt de sa collectivité, sachant qu’ils peuvent être opposés ?

A la tête de cette nouvelle croisade pro cumul pour les parlementaires : François Rebsamen, maire de Dijon, sénateur, président du groupe socialiste au Sénat. Le Sénat, dont fort justement Lionel Jospin disait qu’il s’agissait d’une « anomalie de la démocratie ». Le Sénat qui fit d’ailleurs capoter la loi interdisant le cumul des mandats en 1998…

François, puisque c’est ainsi que tu te prénommes, tu me fais honte ! Tu espérais être ministre de l’intérieur. Si cela avait été, tu aurais dû quitter l’écharpe de premier magistrat bourguignon. Et si l’attachement à ton terroir local colle vraiment trop à tes souliers vernis, pas de problème : démissionne de ton mandat de sénateur et consacre-toi à 100 % à ta bonne ville de Dijon. La moutarde ne me montera plus au nez, je te l’assure. Mais, de grâce, en ces temps très difficiles pour nombre de Français, ne donne plus à voir ce spectacle qui, une fois de plus, fait le lit de l’extrême droite.

Et suis plutôt l’exemple de mon ami Jean-Jacques, député de Quimper, président de la Commission des lois à l’Assemblée nationale qui, sitôt élu député en juin 2007, s’est démis de son seul autre mandat de conseiller régional pour être fidèle au programme de son parti.

Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère, un non-cumular pratiquant

Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère, un non-cumulard pratiquant

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L’été meurtrier

Finies les vacances, fini l’état de grâce, fini l’été pourri… tout fout l’camp !

La mise en place du nouveau pouvoir socialiste m’avait, je l’avoue, un peu coupé l’inspiration. Après m’être engagé, à ma mesure de citoyen, pour l’accession de François Hollande au 55 du Faubourg Saint-Honoré et la mise en place d’une belle majorité rose Place du Palais Bourbon, il était délicat de commenter les premières mesures prises. Quant à critiquer la nouvelle opposition, comme disait d’antan Françoise «On ne tire pas sur une ambulance

Avant de reprendre la vraie vie de rentrée (la vie parisienne, la vie politique … provocation totalement gratuite je reconnais), faisons un petit retour sur cet été.

Les bonnes nouvelles d’abord.

Armstrong (Lance) est enfin officiellement convaincu de dopage. Où il est enfin démontré que ce ne sont pas les testicules qui nuisent aux performances des coureurs cyclistes : leur ablation, fût-ce après un cancer, ne provoque pas normalement un surrégime au niveau des mollets ! Coureur moyen avant sa maladie, le sportif américain aurait dû le rester après sa guérison; s’il n’avait pas bénéficié de l’aveuglement (complicité ?) de certains dirigeants du cyclisme mondial (à l’UCI en particulier). Qu’il soit déchu de tous ses titres, voilà une bonne chose.

La guerre à l’UMP fait rage. Copé, Fillon : qui va l’emporter ? Bien entendu, je m’en fous comme de l’an 40. Copé l’arriviste prêt à toutes les compromissions avec l’extrême droite pour assouvir son ambition; Fillon, l’homme si intrépide et si audacieux que ses compagnons le surnommèrent «Courage Fillon». Peu me chaut. Tant que Sarko se contente de toucher les honoraires conséquents (92€ la seconde) de ses prestations comme conférencier, que les crocodiles s’entre-dévorent dans le marigot, voila une bonne nouvelle.

Les mauvaises nouvelles aussi.

Armstong (Neil), le premier homme à avoir posé le pied sur la lune est parti rejoindre les étoiles. «Un pas de géant pour l’humanité» disait-il. Je ne suis pas certain que l’humanité ait tellement progressé entre 1969 et aujourd’hui, mais je garde le souvenir de cette nuit d’été. J’avais 15 ans, et j’étais avec ma mère scotché à la télé noir et blanc. À Paris les commentaires était d’un moustachu Michel Anfrol (la plupart des journalistes avaient été licenciés l’année précédente – 1968 – pour fait de grève). On ne voyait pratiquement rien et pourtant, quelle émotion !

Un vrai héros, lui qui n’avait nul besoin de recourir à l’EPO

Roms : les années passent et les camps de Roms sont toujours évacués. Moins violemment que sous Sarko, sans être désignés comme la cause de tous les maux de notre société malade… mais tout de même ! Il va bien falloir trouver une solution (diplomatique, d’hébergement…) à ce problème humain. Le changement doit aussi passer par là.

Et puis il y a eu les JO ! Ah qu’aurait été ce mois de juillet sans les JO ? Oubliée la crise, oubliés même les massacres en Syrie. Que comptent des dizaines de morts à plus de 3 200 km de chez nous face à de belles médailles ! Pendant l’agonie, les jeux continuent. L’édition Ipad du «Monde» en perdait tout sens de la mesure.

Quand Le Monde perd tout sens de la hiérarchiee des informations

Quand Le Monde perd tout sens de la hiérarchie des informations

Et pourtant … voir la page Facebook Syrie libre 2012Massacre en Syrie

Massacre en Syrie

Et puis Jean-Luc Delarue nous a quittés. Où vais-je désormais m’approvisionner ?

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Le petit, le nain et la ménagère

Cela fait drôle tout de même de se dire qu’on est dans la majorité; cela faisait si longtemps. Je pense qu’en face ils ont le même problème : plus habitués à vivre dans l’opposition. A un tel point qu’ils en sont à nier les grands principes de la Vème République (tout en se revendiquant bien sûr toujours du général de Gaulle). Ainsi l’autre jour, Claude Géant, l’ancien ministre de l’intérieur : « Par principe, je pense que ce n’est pas dans l’esprit de la Ve République qu’il y ait une cohabitation. (…) Mais je plaide pour que nous gagnions les législatives ». Limpide non ? Et c’est cet homme, si embrouillé dans sa tête, qui était le bras droit du Président de la République pendant cinq années. On comprend mieux pourquoi la France est en si mauvais état aujourd’hui.

La cohabitation, c’est tout ce qu’ils ont trouvé depuis quinze jours (voir mon précédent billet Et maintenant, le changement : quelle-histoire !). Et bien non, la France n’a pas élu François Hollande à l’Élysée pour mettre Jean-François Copé à Matignon.

Il a du rêver cinq minutes le Jean-François, quand il a appris que l’avion présidentiel en route pour Berlin avait été frappé par la foudre. Un crash, et hop, une nouvelle élection… et après le nain, le chauve de Maux. Chauve qui peut, oui ! Décidément, il n’y a que la gauche pour nous faire des frayeurs pareilles.

Tout est finalement rentré dans l’ordre : ce n’était en fait qu’un coup de foudre du Fanch à Angela. Les débuts d’une grande idylle peut-être.  François a commencé sa tournée des capitales, et nous, nous avons un Ayrault à Matignon. Dans les année 1980, Balavoine chantait «Je ne suis pas un héros», et Coluche disait : « Attendez que la gauche passe en 2012 »

Retour des années Mitterrand en quelque sorte. C’est comme le nouveau gouvernement. En 1981 nous avions André Henry ministre du temps libre; en 2012 nous avons George Pau-Langevin ministre de la réussite éducative. La gauche c’est toujours la poésie, l’imaginaire… Sinon, blague à part, il est plutôt sympa ce gouvernement : 18 ministres de plein exercice (9 neuf hommes / 9 femmes), 34 ministre en tout (17 hommes / 17 femmes). Pas mal quand même. Bon, le Président et le Premier ministre sont des hommes. Avec Martine Aubry comme PM, la parité aurait été totale… N’ayant pas été choisi, elle a décidé de ne pas entrer au gouvernement. Dommage, du coup cela nous donne Martine à la maison.

Ni Premier ministre, ni ministre, Martine Aubry reste à la maison

Ni Premier ministre, ni ministre, Martine Aubry reste à la maison

Et maintenant encourageons notre nouveau gouvernement et faisons campagne pour que la gauche gagne aux législatives avec un chant entendu ces dernière semaines.

PS : Dans «Coups pour coups» de Nicolas Barotte et Nathalie Schuck on apprend que Nicolas Sarkozy surnommait François Hollande « le petit ». Nul doute que que notre Président apprécie à sa juste valeur cette appréciation du porteur de talonnettes !

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Et maintenant, le changement : quelle histoire !

«Enfin, les difficultés commencent» pour reprendre la phrase que l’on prête à Léon Blum lors de la victoire du front populaire en mai 1936 (1).

Vainqueur, comme annoncé depuis plus d’un an, François Hollande va être investi dans les prochains jour Président de la République. Finie la parenthèse Sarkozy, le Diable boiteux du XXIème siècle, qui, à force de transgressions des codes de la vie politique, laisse à son successeur une France profondément abimée, cassée, déchirée. Cet état, ajouté à une crise économique et financière forte, laisse au nouvel élu des marges de manœuvre étroites.

Le score, que nous aurions espéré plus large, est suffisamment net toutefois (presque identique à celui de François Mitterrand en mai 1981) pour donner une totale légitimité à l’équipe qui va se mettre en place. Il va falloir maintenant lui donner tous le moyens de gouverner, c’est à dire une majorité à l’Assemblée nationale. La droite, profondément divisée, incapable de promouvoir une politique homogène (les tendances frontistes de la «Droite populaire» s’opposant au «virage social» prôné par Borloo) va faire campagne sur les pleins pouvoirs à ne pas donner aux socialistes. Que n’avaient-ils pareils scrupules quand ils cumulaient en 1995, en 2002 ?

Jamais encore, le peuple ne s’est déjugé en un mois (1981, 1988, 2002, 2007). Faisons-lui confiance. Le nouveau (la nouvelle ?) Premier ministre doit pour ce faire rassembler toute la gauche. Il est certain que pour cela, Martine Aubry a quelques capacités.

Les Français sont très changeants. Très vite, ils vont se déclarer déçus. Alors, en attendant que les effets des réformes économiques ne se fassent sentir (ce qui prendra évidemment un certain temps), c’est sur la morale que le nouveau président doit, immédiatement, mettre sa pâte :

  • Finie l’exhibition de la vie privée (François Hollande doit demander fissa à son fils Thomas de ne plus reproduire ses mises en avant comme hier soir à la télévision. Ne remplaçons pas les «Bonnes chances mon papa» d’un Louis par les coups de fil d’un Thomas)
  • Finies les nominations par copinages
  • Finies les magouilles et les protections contre les curiosités légitimes des juges

Les mesures symboliques peuvent être rapides, les comportements vite exemplaires. C’est sur ce premier terrain que les Français t’attendent François. Ne les déçois pas !

François Hollande, 9ème Président de la Vème République : le retour de la morale en politique

François Hollande, 9ème Président de la Vème République : le retour de la morale en politique

PS : Votant en Bretagne, Voldemort n’a pu participer à la grande fête de la Bastille. Il a du se contenter de la petite fête de Quimper :

(1) La phrase aurait en fait été prononcée le 10 mai 1936 (date prémonitoire) par Alexandre Bracke-Desrousseaux, député de Lille

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